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Hommage à André Daguin

Qui parle de la Gascogne citera deux noms : D’Artagnan, et Daguin. Aujourd’hui, nous avons perdu le meilleur des ambassadeurs de notre territoire, de son savoir-faire, de son savoir-vivre. 

André Daguin a su puiser dans notre terroir pour donner à la France et au monde le meilleur de la Gascogne, de cette Gascogne qu’il aimait tendrement et qu’il a mis en lumière avec tant de talent. Un talent unique. Au-delà de la cuisine, au-delà de nos produits locaux et de leur promotion qu’il avait chevillés au corps, il a incarné, toujours avec passion, notre art de vivre. C’était un très grand chef, de ceux qui auront marqué durablement la gastronomie française en formant des générations de cuisiniers car il aimait plus que tout transmettre son savoir. Inventeur du magret, il a aussi révolutionné la cuisine du foie gras comme personne. Il était la Gascogne incarnée. Son esprit, son humour, sa verve tonitruante et enflammée, cette silhouette massive et amicale d’ancien rugbyman que croisait quotidiennement les auscitains, tout cela manquera à chacun d’entre nous. 

Pour rien au monde il n’aurait manqué les rendez-vous mettant en valeur ce que notre territoire sait faire de mieux : dans les cuisines et sur la scène de Gasconh’à Table à Samatan, à Jégun pour la foire aux vins, à Seissan célébrant la fève et les traditions … Fidèle en amitié, sa loyauté envers la Gascogne était encore plus forte et nous perdons avec lui un insatiable promoteur de notre identité et de nos valeurs.

Au-delà de la cuisine, André Daguin était un formidable conteur, que je pouvais écouter des heures durant, et un érudit en prise avec les questions de notre temps. Il avait mis dans la « même marmite » à l’occasion des Semailles Occitanes scientifiques, philosophes et politiques. Car pour lui rien de mieux qu’une bonne table pour partager, créer, s’engueuler ou se réunir ! Il a ainsi conduit, parmi 1000 autres projets, cette démarche pour, je cite, permettre à « ces vigies de notre temps [de] désembrumer le futur dans un pays de traditions anciennes ».

J’ai eu le plaisir, l’honneur, de le recevoir au restaurant de l’Assemblée Nationale l’année dernière. Tout le monde le reconnaissait, il a pris le temps, comme toujours avec humilité, de se rendre dans les coulisses pour féliciter les cuisiniers, échanger avec eux, saluer les serveurs et les maitres d’hôtels …Car Daguin était un homme de contact avant tout le reste, de sincérité en tout, d’entièreté. 20 ans après qu’il ait rendu son tablier de chef étoilé de l’Hôtel de France, c’est toujours de lui qu’on me parle dès que je dis que je suis auscitain, que je suis gascon.

Le meilleur des hommages que nous pouvons lui rendre est de continuer à faire vivre sa « gascognomie », à « aimer ce que l’on mange, mais aussi aimer ceux avec qui on mange ». Son esprit, son panache, son humour, nous manquent déjà. Il était pour tous les Français plus qu’un chef étoilé : c’était la Gascogne incarnée. Notre 5ème Mousquetaire.

J’adresse mes plus sincères condoléances à son épouse, à ses enfants et à ses proches, ainsi qu’à chaque famille gasconne qui aujourd’hui perd l’un des siens.

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